Aliments à éviter avec l’hypertension : la liste pour une cuisine ivoirienne
Le cube de bouillon est le premier aliment à retirer : un cube de 10 g apporte de l’ordre de 1 000 à 2 000 mg de sodium, soit tout le plafond quotidien de l’OMS. Viennent ensuite le poisson salé-séché, le soumara, la charcuterie, les conserves, le pain industriel, l’alcool et les boissons sucrées. La salière de table, elle, ne pèse presque rien.
Publié par Cardiwell Côte d'Ivoire SARL — mis à jour le 18 septembre 2026
Le classement par sodium, portion par portion
Les listes d’aliments à éviter publiées en français décrivent un rationnel européen : fromage, jambon, soupe en brique, plats préparés. Une assiette ivoirienne ne contient presque rien de tout cela, et pourtant elle dépasse facilement le plafond de sodium. La raison tient en un objet de dix grammes.
Repère à garder en tête : 2 000 mg de sodium par jour, soit 5 g de sel, est la limite recommandée par l’OMS. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur, la teneur variant selon la marque et la préparation.
| Aliment | Portion | Sodium | Ce qui le rend salé |
|---|---|---|---|
| Cube de bouillon (Maggi, Jumbo, Adja) | 1 cube de 10 g | 1 000 à 2 000 mg | Près de la moitié du cube est du sel iodé, plus le glutamate. |
| Poisson salé-séché, adjuevan | 50 g | 800 à 1 500 mg | Le sel est le conservateur : il est dans la chair, pas en surface. |
| Garba de rue (attiéké + thon frit) | 1 portion | 700 à 1 200 mg | Cube dans la friture, sel de service, huile réutilisée. |
| Sauce graine ou sauce arachide montée à deux cubes | 1 assiette | 500 à 1 000 mg | Le sodium des cubes, réparti sur la marmite. |
| Charcuterie (jambon, saucisson, viande fumée salée) | 50 g | 500 à 800 mg | Salaison et nitrites. |
| Sardines ou thon en boîte | 1 boîte de 120 g | 400 à 600 mg | Saumure. À l’huile ou au naturel, le sel reste ajouté. |
| Pain industriel | 100 g, une demi-baguette | 400 à 500 mg | Sel de panification, invisible au goût. |
| Poisson fumé du marché | 50 g | 150 à 600 mg | Variable : dépend du salage avant fumage. |
| Soumara (néré fermenté) | 1 cuillère à soupe, 15 g | 150 à 400 mg | Sel ajouté pendant la fermentation. |
| Concentré de tomate salé | 2 cuillères à soupe, 30 g | 150 à 300 mg | Sel ajouté. Les versions sans sel existent. |
| Chips, biscuits salés, cacahuètes salées | 30 g | 120 à 200 mg | Sel de surface, celui qu’on sent le plus et qui compte le moins. |
| Alcool : bière, vin de palme, koutoukou | — | négligeable | Agit sur la tension par l’alcool lui-même, pas par le sel. |
| Boissons sucrées, sucre | — | négligeable | Agissent par la prise de poids : environ 1 mmHg par kilo. |
| Réglisse | à partir de 100 mg de glycyrrhizine par jour | négligeable | Fait monter la tension par voie hormonale, indépendamment du sel. |
Lisez la colonne de droite autant que celle du milieu. Les trois dernières lignes montent la tension sans apporter un milligramme de sodium : on ne les repère donc pas en surveillant le sel.
Le cube de bouillon : ce qu’il représente vraiment
Un cube de bouillon ivoirien est composé pour moitié environ de sel : la composition déclarée du cube fabriqué en Côte d’Ivoire annonce plus de 54 % de sel iodé, et le Sénégal a plafonné la teneur en sel des bouillons à 55 % en 2017. Sur un cube de 10 g, cela place le sodium entre 1 000 et 2 000 mg selon la marque et le format.
Deux cubes dans une sauce familiale apportent donc 2 000 à 4 000 mg de sodium à la marmite, avant le sel de cuisson, avant le poisson fumé. Partagée entre quatre personnes, cette sauce donne déjà 500 à 1 000 mg par assiette rien qu’avec les cubes — un quart à la moitié du plafond quotidien, pour un seul repas.
Le geste qui change le plus de choses. Un cube au lieu de deux, et rien d’autre de modifié dans la recette. Vous retirez de l’ordre de 1 000 à 2 000 mg de sodium par marmite. Appliqué tous les jours, c’est l’essentiel des 5 à 6 mmHg que fait gagner la réduction du sel. Le goût manquant se rattrape avec l’ail, le gingembre et le piment frais, pas avec du sel ajouté à la place.
Les cubes « réduits en sel » existent et retirent environ un quart du sodium. Ils restent des cubes : deux cubes réduits valent toujours plus qu’un cube normal.
Café, citron, réglisse, alcool : les quatre cas mal compris
Le café : effet réel, mais temporaire
Une tasse de café fait monter la systolique de 3 à 8 mmHg pendant une à trois heures, puis l’effet disparaît. Chez les buveurs réguliers, cette montée s’atténue avec l’habitude, et la consommation habituelle de café n’augmente pas le risque cardiovasculaire de l’hypertendu.
Ce n’est donc pas une raison d’arrêter le café. C’est une raison de ne pas mesurer sa tension dans les trente minutes qui suivent la tasse : beaucoup de chiffres inquiétants relevés le matin s’expliquent par le café pris juste avant. Les conditions d’une mesure fiable comptent autant que l’appareil.
Le citron : une substitution, pas un remède
Le citron ne fait pas baisser la tension et aucun essai ne lui attribue de baisse chiffrée. Son intérêt est ailleurs : l’acidité donne du relief à un plat, et remplace une partie du sel qu’on y aurait mis. Un filet sur le poisson braisé, dans la sauce claire ou sur l’attiéké remplit exactement ce rôle. C’est le sodium en moins qui agit, pas le citron.
La réglisse : le seul aliment qui fait monter la tension par les hormones
La réglisse contient de l’acide glycyrrhizique, qui bloque l’élimination du sodium par le rein et supprime l’aldostérone. À partir de 100 mg de glycyrrhizine par jour — ce que contiennent quelques bâtons ou une poignée de bonbons —, la systolique monte dès le cinquième jour et continue de monter pendant deux semaines. Le mécanisme est hormonal : surveiller le sel ne protège pas de cet effet.
L’alcool : la quantité, pas la forme
Bière, vin de palme et koutoukou comptent de la même manière, seule la dose d’alcool pèse. Réduire de deux verres par jour vaut 2 à 4 mmHg en deux à quatre semaines, davantage chez les gros consommateurs.
Ce qu’il faut manger à la place
Le levier positif s’appelle potassium : il fait éliminer le sodium par le rein et relâche la paroi vasculaire. Passer à 3,5–5 g par jour fait baisser la systolique de 3,5 à 7 mmHg. La cuisine ivoirienne y arrive sans complément.
| Aliment | Potassium / 100 g | Comment l’intégrer |
|---|---|---|
| Igname | environ 800 mg | Le champion local. Bouillie ou en foutou, sans cube dans l’eau de cuisson. |
| Arachide non salée | environ 700 mg | En collation à la place des cacahuètes salées, ou en sauce. |
| Avocat | environ 485 mg | Un demi-avocat avec l’attiéké remplace une sauce salée. |
| Épinard, gnagnan et feuilles vertes cuites | environ 460 mg | Sauce feuille sans cube, relevée à l’oignon et au piment. |
| Banane plantain | environ 450 mg | Alloco cuit au four ou plantain braisé plutôt que frit à l’huile réutilisée. |
| Haricot cuit | environ 400 mg | Un plat de haricot par semaine, salé au minimum. |
| Poisson frais braisé | environ 400 mg | Deux à trois fois par semaine, à la place du poisson fumé salé. |
| Banane douce | environ 360 mg | La collation la plus simple à substituer aux biscuits. |
| Patate douce | environ 340 mg | Cuite à l’eau ou au four, avec la peau. |
| Gombo | environ 300 mg | Sauce gombo sans cube, liée naturellement. |
| Corossol | environ 280 mg | En jus sans sucre ajouté. |
| Papaye | environ 180 mg | Au petit-déjeuner, à la place du pain beurré. |
| Mangue | environ 170 mg | En saison, en dessert plutôt qu’un soda. |
| Pastèque | environ 110 mg | Peu dense en potassium, utile pour l’hydratation en saison sèche. |
| Bissap non sucré | — | Deux à trois tasses par jour : 6,7 mmHg de systolique en moyenne. |
| Citron | — | Remplace le sel par l’acidité. Pas d’effet propre sur la tension. |
N’augmentez pas vos apports en potassium si vous avez une insuffisance rénale, si vous prenez un diurétique épargneur de potassium, ou si vous êtes sous inhibiteur de l’enzyme de conversion ou sartan sans dosage sanguin récent. Dans ces situations, le potassium s’accumule et expose à des troubles du rythme cardiaque. La règle vaut aussi pour les sels de régime « sans sodium », qui sont des sels de potassium.
Comment saler autrement
Le goût qu’on cherche dans le cube n’est pas seulement salé : c’est de la profondeur, de l’umami et de l’aromatique. Six substituts donnent ce relief sans sodium.
- Ail — écrasé et jeté dans l’huile chaude avant l’oignon. C’est lui qui porte la sauce.
- Gingembre frais — râpé en fin de cuisson pour garder le piquant.
- Oignon — coloré longuement : la caramélisation apporte la rondeur qu’on attend du cube.
- Piment frais — la chaleur détourne l’attention du manque de sel.
- Feuille de laurier et thym — dans les bouillons et les sauces longues.
- Citron ou vinaigre — un filet au moment de servir réveille un plat sous-salé.
Le cube maison, sans sel. Séchez au soleil ou au four très doux des oignons, de l’ail, du poivron, du gingembre, du céleri et du piment. Réduisez le tout en poudre fine au mortier ou au moulin. Conservez au sec dans un bocal fermé, et utilisez une cuillère à café là où vous mettiez un cube. Le mélange se garde deux à trois mois.
Dernier geste, le plus simple : retirez la salière de la table. Resaler un plat déjà cuisiné ajoute 300 à 600 mg de sodium par jour sans rien apporter au goût, puisque les papilles se réhabituent en deux à trois semaines. Ce qu’on trouve fade la première semaine devient normal à la quatrième.
Lire une étiquette : sel = sodium × 2,5
Les étiquettes affichent tantôt du sodium, tantôt du sel, et le passage de l’un à l’autre se fait par un facteur 2,5. Un produit qui annonce 0,4 g de sodium pour 100 g contient 1 g de sel pour 100 g. À l’inverse, 1 g de sel annoncé correspond à 400 mg de sodium.
| Ce qui est écrit | Équivalent | Verdict pour 100 g |
|---|---|---|
| Sodium 0,1 g | 0,25 g de sel | Produit peu salé. |
| Sodium 0,3 g | 0,75 g de sel | Acceptable, surveillez la portion. |
| Sodium 0,5 g | 1,25 g de sel | Salé. Deux portions pèsent déjà lourd. |
| Sodium 1 g et plus | 2,5 g de sel et plus | Très salé. À réserver aux petites quantités. |
Attention aux mentions trompeuses : « allégé en sel » signifie 25 % de moins que le produit d’origine, pas « peu salé ». Et le sel iodé, utile contre le goitre, apporte exactement autant de sodium que le sel ordinaire.
Une journée réaliste, sans changer de cuisine
Rien de ce qui précède n’impose d’abandonner l’attiéké, l’alloco ou la sauce graine. Ce qui change, c’est le dosage.
- Matin — papaye ou banane, pain au lieu de biscuits salés, café si vous en buvez, bissap non sucré.
- Midi — attiéké avec du poisson frais braisé et un demi-avocat, citron à la place du sel de table. Le garba de rue reste possible une fois par semaine, pas tous les jours.
- Soir — foutou d’igname, sauce graine montée à un seul cube, beaucoup d’ail et de gingembre, feuilles vertes.
- Sur la journée — deux à trois tasses de bissap non sucré, de l’eau en quantité sous la chaleur, une poignée d’arachides non salées à la place des cacahuètes du kiosque.
L’alimentation n’est qu’un des leviers, et pas toujours le plus rapide. Le détail de ce que valent la marche, le poids, le sommeil et la respiration se trouve sur comment faire baisser la tension naturellement. Pour savoir si vos chiffres justifient tout cela, voyez les seuils de la tension normale, et pour la part végétale documentée en Afrique de l’Ouest, les plantes contre l’hypertension en Côte d’Ivoire.
Questions fréquentes
Quels sont les aliments à ne pas manger quand on a de l’hypertension ?
Le premier est le cube de bouillon : un cube de 10 g apporte de l’ordre de 1 000 à 2 000 mg de sodium, soit la totalité du plafond quotidien fixé par l’OMS. Viennent ensuite le poisson salé-séché et l’adjuevan, le soumara, la charcuterie, les conserves de poisson, le pain industriel, les chips et cacahuètes salées, l’alcool sous toutes ses formes, les boissons sucrées et la réglisse. La réglisse est le seul de cette liste qui fait monter la tension par un mécanisme hormonal et non par le sel.
Quels sont les 12 aliments qui font monter la tension ?
Les douze qui comptent vraiment dans une cuisine ivoirienne : le cube de bouillon, le poisson salé-séché et l’adjuevan, le soumara, la charcuterie, les sardines et le thon en boîte, le concentré de tomate salé, le pain industriel, les chips et cacahuètes salées, les plats de rue très salés comme le garba, l’alcool, les boissons sucrées, et la réglisse. Onze agissent par le sodium ou par le poids, la réglisse agit directement sur les hormones qui règlent la pression.
Quel est le meilleur aliment pour baisser la tension ?
L’igname, avec de l’ordre de 800 mg de potassium pour 100 g crus. C’est l’aliment le plus riche en potassium couramment disponible en Côte d’Ivoire, et le potassium fait éliminer le sodium par le rein. Une augmentation des apports à 3,5–5 g de potassium par jour fait baisser la systolique de 3,5 à 7 mmHg. L’avocat, la banane plantain, le haricot et l’épinard suivent de près.
Quel est le fruit qui fait baisser la tension ?
L’avocat arrive en tête avec environ 485 mg de potassium pour 100 g, devant la banane douce (environ 360 mg) et le corossol (environ 280 mg). La papaye, la mangue et la pastèque apportent moins de potassium mais restent utiles pour remplacer une collation salée ou sucrée. Aucun fruit ne fait baisser la tension à lui seul : l’effet vient de l’ensemble des apports en potassium sur la journée.
Quelle boisson boire quand on a de l’hypertension ?
Le bissap non sucré, l’eau, et rien d’autre en quantité. L’infusion d’hibiscus fait baisser la systolique de 6,7 mmHg en moyenne d’après une méta-analyse de 13 essais randomisés portant sur 1 205 personnes. Le sucre annule l’intérêt : préparez-le sans sucre ou avec très peu. Les sodas, les jus industriels, la bière, le vin de palme et le koutoukou sont à réduire.
Est-ce que le citron est bon pour l’hypertension ?
Le citron ne fait pas baisser la tension, et aucun essai ne lui attribue de baisse en mmHg. Son utilité est indirecte mais réelle : il remplace le sel en cuisine. Un filet de citron sur le poisson braisé, dans la sauce ou sur l’attiéké donne le relief qu’on cherchait avec le cube, et c’est le sodium en moins qui agit. Le mélange ail-citron à jeun, présenté comme un remède, n’a pas d’effet démontré.
Est-ce que boire du café est bon pour l’hypertension ?
Le café fait monter la systolique de 3 à 8 mmHg pendant une à trois heures après la tasse, puis l’effet s’efface, et cette montée s’atténue chez les buveurs réguliers. Ce n’est pas une raison d’arrêter : la consommation habituelle de café n’augmente pas le risque cardiovasculaire chez l’hypertendu. C’est en revanche une raison de ne jamais mesurer sa tension dans les trente minutes qui suivent une tasse.
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